Ce que l'IA fait à la littérature
Alexandre Gefen dirige un recueil de quatorze textes sur la créativité artificielle. Que reste-t-il de la notion d'auteur, d'originalité, de style, quand la machine écrit ?
Alexandre Gefen, directeur de recherche au CNRS et pionnier des humanités numériques, a réuni quatorze textes sous le titre Créativités artificielles. Le volume ne prétend pas trancher, il cherche à poser les bons termes d'un débat qui déborde déjà les catégories existantes.
«Les défis ouverts aux catégories traditionnelles du jugement esthétique sont considérables : peut-on parler d'une disparition de l'auteur ? Que faire de la catégorie d'originalité ?»
Alexandre Gefen
Ce que l'IA fait à la littérature, c'est d'abord forcer à définir ce qu'elle est. L'auteur, le style, l'intertexte, l'originalité, des notions qui vacillent dès lors qu'une machine produit des textes indiscernables de ceux des humains.
«L'IA nous renvoie ultimement à des questions sur la nature de l'Homme. Elle est donc aussi un formidable outil d'interrogation de la notion de littérature, de sa nature et de son universalité.»